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| Novembre 2008 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Au milieu des mille et un compromis, accommodements, adaptations, arrangements, renoncements, il y a une figure dont le seul nom suspend en un instant – et pour un instant seulement – la bonne marche des choses. C'est celui d'Antigone. Ni martyre, ni sainte, Antigone ne fait pas profession de révolte mais tisse, jusqu'à la mort, les fils de cette chose apparemment si simple : Ce qui n'est pas supportable, elle ne le supporte pas. En cela, Antigone est intraitable, absolument résolue à faire ce qu'elle ne peut pas ne pas faire. S'avançant sans crainte aux marches du Palais, elle marche, sous des yeux ébahis – ceux des citoyens de Thèbes il y a 2500 ans, les nôtres aujourd'hui – vers la mort. Mais en mourant, jeune fille qui ne tremble pas, elle fera, aujourd'hui comme hier, tout trembler autour d'elle : le chef qui se présentait comme voulant le bien de tous et le rêve d'un présent sans mémoire, d'une vie dans l'oubli des morts.
Auteur: Sophocle
Mise en scène: René Loyon
Artistes: Marie Delmarès, René Loyon, Yedwart Ingey, Jacques Brücher, Claire Puygrenier, Igor Mendjisky